mardi, 1 décembre 2020

François Longchamp

Démentons Balzac, qui affirmait que « l’ennui naquit un jour de l’Université ». Le souvenir que m’a laissé celle de Genève est inverse. Licencié en droit en 1985, à une époque où les études étaient plus brèves, c’est bien au contraire un sentiment de curiosité qu’elle a développé : celle des profondeurs insondables de la connaissance. Elles avaient leurs maîtres, et nous nous passerons du langage épicène pour les qualifier, puisque tous étaient des hommes à cette lointaine époque. Une brochette de professeurs brillants, dont je me souviens avec nostalgie des talents et des capacités de raisonnement, mais quelques autres aussi que nous renoncerons à décrire, par bonté d’âme.

Aux premiers, je dois ma reconnaissance, car c’est eux qui m’ont transmis quelques outils qui m’accompagnent depuis lors. Et tous les métiers ou fonctions exercées dans ma vie avant d’être élu au Conseil d’Etat en 2005 ne l’auraient pas été sans leur apport. Avocat-stagiaire, secrétaire général du parti radical, puis d’un département de l’Etat de Genève, avant d’exercer diverses fonctions dans un quotidien genevois et une banque privée, puis celle de directeur général de Foyer-Handicap me l’ont rappelé tout au long de mon parcours professionnel ou public.

Faire de la politique ne s’apprend nulle part, et certainement pas sur le bancs de l’Université. Mais une vie n’est rien qu’une succession d’expériences et de choix. Celui qui m’a amené, il y a 25 ans, à la Faculté de droit était l’un des plus heureux.