vendredi, 25 septembre 2020

Christiane Brunner

Le fil rouge de ma vie professionnelle, c’est le droit du travail. Etudiante en mai 1968 je me suis passionnée pour ce domaine. A la fin de mes études en 1969, on m’a demandé si je voulais devenir assistante. Oui bien sûr, mais en droit du travail… J’ai travaillé comme assistante pour un professeur zurichois qui voulait publier un commentaire de droit du travail. Il ne l’a jamais édité, mais moi, j’ai appris comment faire et j’ai utilisé ces connaissances pour réaliser plus tard mon propre commentaire de droit du travail. Ensuite assistante du professeur Alexandre Berenstein, je devais aussi passer les examens du « diplôme d’études juridiques supérieures » avec ce même professeur. Quelle angoisse ! Le droit du travail m’a amenée à travailler avec les syndicats. Après avoir exercé comme avocate je suis devenue successivement présidente nationale du syndicat suisse des services publics, puis du syndicat suisse de la métallurgie et de l’horlogerie (actuellement Unia).

Le fil rouge de ma vie politique, c’est l’engagement pour la cause des femmes et pour une société plus juste. A la Faculté de droit, il y avait très peu de femmes et beaucoup de « fils à papa ». Leur carrière était toute tracée, la mienne ne faisait que commencer. Un soir les étudiants-es étaient invités chez le professeur Pierre Engel, une discussion s’est engagée sur les discriminations entre femmes et hommes et les inégalités dans la société. Heureusement, Pierre Engel est venu à mon secours, j’étais vraiment en minorité. Mon engagement m’a amenée au parti socialiste, de députée au Grand Conseil je suis devenue conseillère nationale sur une liste femmes, puis conseillère aux Etats pendant 12 ans.