De: mercredi 01 avril 2026 18:15 à mercredi 01 avril 2026 20:00
La forte mobilisation du passé par le nouveau régime sénégalais – commémoration du massacre des tirailleurs à Thiaroye, nouveau parrainage de certaines artères de la capitale, célébration de figures comme Lat Joor – sur fond de souverainisme affirmé, ramène la question de la fabrique du récit national au cœur du débat public. De Léopold Sédar Senghor à Abdou Diouf, d’Abdoulaye Wade à Bassirou Diomaye Faye, en passant par Macky Sall, chaque régime a mobilisé différemment le passé pour construire sa légitimité, recomposer le panthéon national ou répondre à des moments de crise. Ces usages politiques du passé, auxquels mémorialistes et historiens contribuent différemment, mettent en évidence une tension permanente entre construction identitaire et exigence critique. La fabrique du récit national sénégalais largement dominée par une lecture aristocratique, patriarcale et guerrière du passé éprouve d’énormes difficultés à s’inscrire dans une logique inclusive, attentive aux terroirs, aux figures féminines et aux groupes subalternes longtemps marginalisés. Cette situation explique toute la difficulté de l’intégration des récits concurrents dans les curricula scolaires : comment transmettre une mémoire partagée sans renoncer à la formation de l’esprit critique.
Lieu: Uni Dufour Lien GoogleMap: VoirS’inscrire à cet événement sur notre plate-forme. Pas encore inscrit ? Devenez membre d’Alumni UNIGE.





