vendredi, 25 septembre 2020

Valérie Hoffmeyer

À 19 ans, c’est Genève qui me séduit. J’y viens grâce à l’Université et j’entends bien y rester; je travaille pendant mes études et gagne ma vie. Avec un échec en demi-licence d’histoire de l’art arrive un choix : suivre cette voie professionnelle qui me nourrit ou persévérer dans ces études qui m’ennuient ? Résolument: trouver une troisième voie.

L’écrit m’a sauvée d’autres incidents scolaires, je l’emmène et me présente à la rédaction du Journal de Genève. En un article, je m’échappe pour toujours d’une rassurante carrière administrative comme d’un hypothétique parcours académique. Douze ans de presse, du quotidien à l’hebdo, de l’hebdo au mensuel, de pigiste-libre payée à la ligne à cadre-chiourme gratifiée de belles primes. Peu à peu je cale dans ce confort pâteux, cette hiérarchie pesante, puis cet exode quotidien.

Dans la fenêtre du wagon pendulaire s’allume une flamme, presque un coup de foudre : qu’est-il en train d’advenir de ce paysage, profondément bouleversé depuis mes premiers transports entre Delémont et Genève ?

J’enquête et je trouve une  Ecole du paysage, du territoire et du projet d’aménagement, nichée au fin fond du canton de Genève. A Lullier, les mots sonnent juste d’emblée, l’année préparatoire de stage sur le terrain m’aère et me déleste avant de plonger pour trois ans d’études à plein temps. J’obtiens mon diplôme d’ingénieure en architecture du paysage pour mes 41 ans et  m’offre l’aventure d’un bureau d’architecture du paysage et de communication pour mes 42. A 15 ans, les arts graphiques me tentaient et j’y ai renoncé, sans doute par conformisme. Jamais plus cette attitude ne m’a rattrappée et je continue à trouver le choix de l’aventure très savoureux.