dimanche, 29 novembre 2020

Pierre-François Unger

Déterminé depuis ma plus tendre enfance à devenir médecin, non que ma famille comprenne des toubibs ou autres soignants, mais pour en avoir côtoyé et admiré comme enfant malade, l’Université de Genève m’a accueilli dans cette Faculté de Médecine qui réunit des caractéristiques typiquement universitaires et des caractéristiques particulières d’une école professionnelle.

Ces années ont représenté une occasion exceptionnelle en termes d’acquisition de connaissances, mais aussi d’acquisitions de savoir-faire et de savoir-être. Cette approche conjointe de certains savoirs touchant à la science fondamentale aussi bien qu’à cette merveilleuse « pâte humaine » que représente la médecine m’a permis d’acquérir la certitude qu’apprendre, parfois dans la douleur, est la plus grande chance qui puisse être offerte à un être humain: acquérir parallèlement l’indépendance et la curiosité, l’admiration et l’esprit critique, l’enthousiasme et l’humilité, le tout dans une atmosphère de libertés, tout ceci représente un bien inégalable.

C’est la raison pour laquelle ma pratique médicale s’est tournée à son tour vers une carrière universitaire, désireux bien sûr de soigner, mais aussi de chercher et d’enseigner. Après dix ans d’internat, de clinicat puis de pratique privée, puis quinze ans à la tête du service des urgences des Hôpitaux Universitaires de Genève, passionné aussi bien par les patients, leurs familles que l’ensemble du personnel qui m’entourait, j’ai eu envie de me lancer dans la politique: j’avais eu la chance, pendant 25 ans, d’écouter les gens les plus divers, dans les situations les plus difficiles; j’avais désormais envie de les faire entendre !