lundi, 28 septembre 2020

Caroline Coutau

Comment fait-on pour travailler dans l’édition, comme je le fais chez Zoé ? Un peu de hasard sûrement. Mais pour provoquer la chance, quelques ingrédients sans doute : le plus évident, c’est le réseau. Il faut avoir un carnet d’adresses important. L’idéal est d’avoir travaillé dans plusieurs endroits, déjà pendant les études. Et quitter son poste en laissant de bons souvenirs. Surtout, il ne faut pas s’imaginer qu’il y a des parcours sans faute, sinon c’est trop ennuyeux.

Après ma maturité, je suis allée traîner à New York pendant un an. Je voulais devenir danseuse. Oui ! Ayant rapidement déchanté, je me suis inscrite en Lettres avec gourmandise, mais assez pressée aussi. Je ne voulais pas faire de vieux os à l’université, vite être dans la vraie vie, me disais-je. Je visais les séminaires efficaces plutôt qu’intéressants et j’ai raté quelques très bons enseignements.

Pendant ce temps, je faisais des piges au Journal de Genève, travaillais un peu pour la Bâtie, feu la salle Patino, beaucoup de petites choses, puis j’ai un peu enseigné au collège et même à l’université en linguistique. Après des séjours à l’étranger et un poste de déléguée culturelle à Lancy, je suis entrée dans l’édition, un peu comme dans un ordre.

Il faut de l’obstination et pas mal de passion. Une sorte de foi pour les textes et leurs auteurs. Parce que si on ne croit pas aux textes et aux auteurs, on finit par s’ennuyer et avoir l’impression de s’agiter beaucoup pour rien. Parce qu’outre lire et relire et encore relire des manuscrits, il faut beaucoup s’affairer. Faire des budgets, des cartons, des contrats, de la communication, des palettes, de la fabrication, régler des questions compliquées de droits, être soigneux et précis, mais aussi généraliste et un peu global et, encore, faire des devis. Et l’adrénaline monte et descend sans arrêt.